Emploi et localisation

27.09.19

L'évolution des effectifs salariés dans l'industrie pharmaceutique

 La stabilisation des effectifs se confirme en 2017. Avec 98 694 salariés, l’emploi dans l’industrie pharmaceutique s’établit en 2017 à un niveau équivalent à celui de l’année précédente.
La stabilisation des effectifs semble désormais installée depuis quatre ans, après une période de recul significatif des effectifs : – 10 000 emplois entre 2007 et 2014.
 

L'emploi dans la branche professionnelle de l'industrie pharmaceutique

La branche professionnelle, qui rassemble tous les établissements appliquant la Convention collective de l’industrie pharmaceutique, identifiée par le code 0176, déborde du champ strict du secteur.

Elle rassemble également des unités (filiales, établissements secondaires…) dont l’activité principale relève de la répartition pharmaceutique, la R&D spécialisée, les sièges sociaux des fabricants ou d’autres spécialités en lien avec l’activité des laboratoires.

Les données fournies par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) sur les dernières années disponibles estiment les effectifs de la branche professionnelle à 128 256 salariés au 31 décembre 2015.

 

Panorama des entrées et sorties d'emploi

Une dynamique de recrutement qui se poursuit en 2017

Les entreprises du médicament ont embauché 11 270 personnes en 2017, dont 33 % en contrat à durée indéterminée (CDI). La moyenne des recrutements sur dix ans est de 9 713 par an, tous types de contrats confondus.

Une majorité de recrutements en production en 2017

Selon les repères sur l’emploi du Mobilitydirect, 43 % des recrutements en 2017 ont été faits sur des métiers de production, puis viennent les fonctions administration (19 %),  la famille commercialisation-diffusion (24 %), et enfin la R&D (14 %).

Des emplois de en qualifiés et des compétences rares

La complexité croissante des disciplines scientifiques, le développement de nouveaux champs de recherche (biologie moléculaire, génomique, protéomique...), le renforcement des exigences de qualité et de la réglementation, les évolutions technologiques, la mondialisation de l’activité et l’intensification de la concurrence conduisent à une élévation globale du niveau de qualification des hommes et des femmes de l’industrie du médicament et à l’apparition de besoins de nouvelles compétences.
Se développe, par exemple, un besoin croissant autour des métiers de la qualité, du réglementaire, de la pharmacovigilance, de l’information médicale, de la maintenance et de la donnée en santé.
Le niveau de qualification dans les entreprises du médicament est élevé : de 50 % des salariés appartiennent à un niveau supérieur ou égal au groupe 6 de la classification de la Convention collective, qui admet 11 groupes d’emplois.

Une hausse des sorties d’emploi

En 2018, 12 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été annoncés en France, impactant 1 875 postes. En 2017, 1 136 postes étaient impactés par 14 PSE.
Le secteur du médicament connaîtra de 4 400 départs à la retraite d’ici à 2023 (5 % des effectifs), auxquels s’ajoutent près de 11 000 départs (11 %) liés au turn-over naturel. Cela pose la question du renouvellement des effectifs à terme.

 

Un poids significatif des régions dans le tissu économique

Six bassins d'emploi représentent des trois quarts (78 %) de l’emploi en France : 29,3 % des salariés de la branche sont  localisés en Ile-de-France ; 16,8 % en Auvergne- Rhône-Alpes ; 10,1 % en Normandie ; 9 % en région Centre-Val de Loire ; 6,8 % dans le Grand Est et 6 % en Occitanie.

 

 

Une évolution de l'emploi différenciée selon les activités

En dix ans, les effectifs de R&D ont diminué de 0,4 %, ceux de la production ont augmenté de 19 % (changement de périmètre avec intégration des sous-traitants). Quant aux effectifs de la commercialisation et de l’administration, ils ont baissé respectivement de 23,3 % et 22 %.

Atouts pour l'innovation et l'économie : des effectifs de R&D et de production importants

La proportion de personnes ayant une activité de R&D reste élevée dans les entreprises du médicament.
Pour autant, l’emploi en recherche et développement est fragile, car les effectifs se concentrent sur un petit nombre d’entreprises, et la tendance au développement de partenariats externes de recherche et de transfert d’activités de R&D vers des pays attractifs – notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché – s’accentue.
 

La production de médicament créatrice d'emplois qualifiés

La France est historiquement un grand producteur de médicaments, secteur qui constitue une richesse dans l’économie nationale et régionale. En 2017, 44 047 personnes occupent un emploi en production, ce qui représente 45 % des effectifs du secteur.

Des moyens importants investis chaque année dans la formation des salariés

L’industrie du médicament offre de nombreuses opportunités d’évolution et de développement des compétences à chacun. En 2017, les entreprises du médicament consacrent en moyenne 3 % de leur masse salariale à la formation tout au long de la vie.

Un secteur professionnel fortement féminisé

Avec un taux de féminisation des emplois de 57 % en 2017, l’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.
Le taux de féminisation des emplois s’établit à un niveau élevé dans toutes les tranches de tailles d’entreprises. Le ratio atteint néanmoins sa valeur maximale  (61,8 %) dans les entreprises de moins de 200  salariés.
La proportion de femmes dépasse 61,8 % dans les groupes 6 à 8 de la classification des emplois de la branche et reste élevée dans les autres catégories d’emploi.

 
 

Le vieillissement de l'emploi industriel concerne aussi l'industrie pharmaceutique

L’âge moyen des salariés en 2017 est de 43,9 ans et continue d’augmenter. En effet, l’indicateur était de 40,4 ans dix ans auparavant. L’âge médian atteint 45 ans.
 

Les entreprises du médicament s'engagent pour renforcer l'emploi des jeunes

Les entreprises du médicament se mobilisent pour permettre une amélioration progressive du taux de recrutement des jeunes.
L’alternance est un formidable levier pour l’accès à l’emploi et la promotion des jeunes. C’est aussi l’occasion pour nos entreprises de développer un tutorat spécifique en accentuant leur rôle d’accueil et de   transmission des compétences, en donnant tout son sens à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Les entreprises du médicament accordent donc une place importante aux jeunes : les moins de 26 ans représentent 21,4 % des recrutements, et  21,1 % des salariés ont moins de 36 ans. Par ailleurs, le nombre d’alternants et de stagiaires est conséquent : 5 853 stagiaires, apprentis et contrats de professionnalisation. Autant de sésames à la professionnalisation et à l’embauche...
 

Une amélioration de l'emploi des seniors

Les salariés de de 45 ans représentent 46,5 % des effectifs (44,9 % en 2016 ; 43,8 % en 2015, 41,4 % en 2014 et 40 % en 2013), répartis de la manière suivante :
—  de 46 à 54 ans : 31,9% de l’effectif branche
—  55 et : 14,6 % de l’effectif branche.

On recense 575 recrutements de seniors de 50 ans et en 2017, ce qui représente 8 % du total des embauches en CDI et CDD réalisées par les entreprises du secteur.
 

Une volonté de faciliter l'emploi des personnes en situation de handicap au travers d'une structure paritaire (HandiEM)

Unique en France dans le secteur privé, l’accord de branche des entreprises du médicament, renégocié en 2014, a conduit à de nombreuses réalisations et résultats concrets depuis la création de l'association HandiEM en 2010 :

—    Un taux d’emploi en progression de 1,69 % (en 2009) à 3,10 % (2014) ; 3,46 % en 2015 et 3,67 % en 2017  ;
—    1530 contrats d’embauche signés avec des collaborateurs en situation de handicap ;
—    2360 demandes de financement traitées, dont de la moitié au profit du maintien dans l’emploi
 

Des signaux d'alerte persistent, même si le gouvernement veut donner des raisons d'être optimiste pour l'avenir

La situation française risque de changer si les pouvoirs publics n’améliorent pas rapidement les conditions de l’attractivité, afin de favoriser l’emploi en France.
En effet, certaines tendances se dessinent  :

—    un transfert d’activités de R&D vers des pays attractifs, notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché ;
—    une tendance forte à l’externalisation d’activités vers la prestation (CRO’S, façonniers) en France, mais aussi à l’étranger ;
—    un manque de lisibilité des contraintes réglementaires et juridiques, ce qui ralentit la France dans la compétition avec les autres pays.

Malgré ces signaux d’alerte, le gouvernement Macron a pris des décisions qui autorisent l’espoir d’une amélioration de la compétitivité de notre secteur : la signature, le 10 juillet 2018, du 8ème Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), en présence du Premier ministre et de ieurs membres du gouvernement. Son objectif est de renforcer l’attractivité et la compétitivité de la France à l’échelle mondiale pour les investissements en santé ;

—    Le déploiement du Health Data Hub, qui favorisera l’utilisation et l’exploitation des données de santé, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’appui au personnel de santé, du pilotage du système de santé, du suivi et de l’information des patients. Il permettra le développement de nouvelles techniques, notamment celles liées aux méthodes d’intelligence artificielle ;
—    Le déploiement des « ordonnances Macron» réformant le Code du travail, et qui visaient à moderniser le dialogue social dans les entreprises. Les premiers effets commencent à se faire sentir : mise en place progressive du Comité social et économique (CSE) ; grande souplesse accordée aux entreprises, ce qui a permis la rénovation de la Convention collective de la branche, etc.

 

 

L’essentiel

98 694

Effectif employé directement par les entreprises du médicament en France en 2017.

11 270

Nombre de recrutements des entreprises du médicaments en 2017.

21,4 %

Part des recrutements réservée aux moins de 26 ans.
Une place croissante leur est accordée pour rajeunir la pyramide des âges du secteur.

57 %

Taux de féminisation des emplois en 2017.
L’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.

 

 

 

 

En savoir

PUBLICATIONS

La convention collective nationale des entreprises du médicament et accords. Mobilitydirect, 2019.
Enquête sur l'emploi dans l’industrie du médicament. 2018 (données 2017), diffusion Mobilitydirect.
Tableau de bord annuel sur l’emploi : bilan et évolutions démographiques. Données à fin 2017, Observatoire des métiers, de l’emploi et de la formation du Mobilitydirect, diffusion Mobilitydirect.
Zoom sur les métiers l’Industrie du médicament. Observatoire des métiers, de l’emploi et de la formation/ Onisep, mise à jour 2017, diffusion Mobilitydirect.
Plan compétences Biotech/innovations santé 2020. Septembre 2016, AEC Partners pour le Mobilitydirect.
Benchmark européen des mesures d'attractivité de R&D et de production de médicaments à usage humain. Septembre 2017, Cabinet Roland Berger pour le Mobilitydirect.


SITES INTERNET     

Site d’orientation professionnelle/évolutions professionnelles : www.macarrieredanslapharma.org
Métiers et formations des industries de santé : www.imfis.fr
Handicap dans les entreprises du médicament : www.handiem.org
Rubrique « Espace presse » du site internet du gouvernement : www.gouvernement.fr